liberation-media

La masse et l’espace-taon

FRAGMENT 85, d’odeurs • septembre 2017

[ Nous devrions être assaillis de mouches. ] Rien que cet homme sous le soleil, massif, planté là à contre-jour d’un chemin qui grimpe à l’Est.

En cette fin de printemps déjà pesante, il est apparu d’un chemin où le nôtre se jette. C’est rare de croiser d’autres âmes en cette partie de forêt. Il passait, puis s’est ravisé, pour nous attendre et nous entreprendre. Sa mère a incidemment écarté Émilien et je reste en frontal. L’homme est d’un âge incertain, maquillé d’une couche de crasse. Je le détaille tandis qu’il entame sans discontinuer un monologue dont je peine à suivre le fil directeur. Trapu, édenté, il a l’élégance naturelle d’un homme en délicatesse avec toute notion d’hygiène et qui aurait perdu le fil de l’eau.

Photos articles et pages d’accueil du site Sans Raison Apparente © Armand T.

Lire la suite du billet
By | 2018-05-10T15:32:50+00:00 septembre 14th, 2017|LibéBlog|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment